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L'ombre

  • eveyamnature
  • 7 mai 2025
  • 2 min de lecture

Alors que je m'initie au Travail qui relie et me forme à l'écofacilitation avec Isabelle Giraldo🌱🌍 , j'ai eu un flash en lisant Jean Monbourquette.

N'y aurait-il pas un parallèle flagrant entre l'ombre individuelle telle que portée par Jung et Monbourquette et notre rapport à la nature et son déclin ?


𝐋'𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐨𝐮 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥'𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐬'𝐞́𝐯𝐞𝐫𝐭𝐮𝐞 𝐚̀ 𝐫𝐞𝐟𝐨𝐮𝐥𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐧𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞


Il y a dans notre rapport à la nature un reflet saisissant de notre relation à l’ombre telle que décrite par Jung et Monbourquette. L’humanité occidentale s’est engagée dans un processus de cloisonnement du monde naturel, cherchant à dominer, contrôler, ou effacer quelque chose qui la dérange. Or ce quelque chose, c’est peut-être justement ce que Jung appelait l’ombre : ce qui est enseveli, ce qui n'est pas admis, ce qui se déchaîne en souterrain.


La nature, dans son essence sauvage, est imprévisible. Elle porte en elle des forces archaïques, cycliques, puissantes. Les tempêtes, les feux, la pourriture et la renaissance, les pulsations de la vie brute la composent. L'humain civilisé, avide d’ordre, de maîtrise, de progrès linéaire, l’a peu à peu perçue comme une menace. Il a rejeté cette nature à l’extérieur de lui, l’a niée et l'a faite étrangère. Il l’a domestiquée, quadrillée, exploitée. Il a voulu en faire un objet, une machine, une ressource. De la même manière que nous rejetons notre part d’ombre intérieure, nos peurs, nos instincts, nos vulnérabilités, nous avons rejeté ce que la nature sauvage nous renvoyait de nous-mêmes.


Or ce rejet, comme toute forme de refoulement, a un prix. Car l’ombre ne disparaît jamais vraiment : elle s’amasse, elle s’épaissit, elle explose. 


𝐋𝐚 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐨𝐮 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐟𝐨𝐮𝐥𝐞́


Les crises écologiques contemporaines peuvent être vues comme un retour du refoulé, une remontée en force de ce que nous avons tenté de supprimer. Les catastrophes climatiques, la perte de biodiversité, autant de signes que ce que nous avons voulu dominer se rebelle.


Reconnaître la nature comme miroir de notre ombre, c'est commencer à l’écouter comme une part de nous. C’est admettre qu’il y a en nous du sauvage, de l’archaïque, de l’indomptable, et que c’est là, que réside notre puissance, notre créativité, notre lien le plus profond à la vie.


 𝐌𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐥𝐮𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝'𝐚𝐠𝐢𝐫


Ce chemin demande humilité et réconciliation. Il ne s’agit plus de « sauver la nature » comme un objet extérieur, mais de réintégrer en nous ce que nous avons rejeté : le chaos, l’obscur, le vivant. En cela, l’écologie devient un acte spirituel : le retour vers une unification, où l’ombre, enfin, n’est plus rejetée mais honorée...


𝐈𝐥 𝐦'𝐚𝐩𝐩𝐚𝐫𝐚𝐢̂𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫𝐠𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 : 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐨𝐛𝐥𝐢𝐠𝐞 𝐚̀ 𝐚𝐟𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐜𝐡𝐨

𝐢𝐱 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐧𝐬𝐜𝐢𝐞𝐧𝐭𝐬. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐮𝐧 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 "𝐝’𝐢𝐧𝐝𝐢𝐯𝐢𝐝𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞", 𝐮𝐧 𝐜𝐡𝐞𝐦𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐜𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐮̀ 𝐥’𝐡𝐮𝐦𝐚𝐧𝐢𝐭𝐞́ 𝐫𝐞́𝐢𝐧𝐭𝐞̀𝐠𝐫𝐞 𝐬𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐯𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭.

 
 
 

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